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Commerce connecté & Retail

🎬 Le retail devient un mĂ©dia
 et la Gen Z sa rĂ©dactrice en chef

Acheter, c’est publier.

Il fut un temps oĂč le retail avait une mission simple : faire venir le consommateur en magasin, lui prĂ©senter une offre et dĂ©clencher un achat. 

Aujourd’hui, cette Ă©quation ne suffit plus. 

La Gen Z a changé les rÚgles. Elle ne se contente plus de consommer une marque : elle la filme, la commente, la recommande, la détourne et parfois la juge publiquement. 

Le magasin n’est donc plus seulement un point de vente. 

Il est devenu un média. Et la Gen Z en est la rédactrice en chef : elle crée, partage, commente et juge en direct. 

C’est probablement l’une des transformations les plus profondes du retail : le consommateur n’est plus seulement au bout du parcours d’achat. Il est devenu l’un des producteurs de la valeur de la marque. 

Le magasin n’est plus un lieu. C’est une scùne. 

Pourquoi se dĂ©placer en magasin alors que l’on peut tout acheter en quelques clics ? 

C’est prĂ©cisĂ©ment parce que le magasin peut offrir ce que l’écran ne peut pas toujours donner : une expĂ©rience. 

Un lieu à découvrir. Une communauté à rencontrer. Une histoire à raconter. 

Regardons Citadium. 

L’enseigne ne se contente plus de proposer des sneakers, des vĂȘtements ou des accessoires. Elle se positionne au cƓur de la Youth Culture, en faisant de ses magasins des espaces oĂč se rencontrent shopping, musique, collaborations, Ă©vĂ©nements et culture. 

On ne vient plus seulement chez Citadium pour acheter. On vient pour vivre quelque chose. 

C’est tout le changement de paradigme. 

Autre exemple : la collaboration Jacquemus x Nike  et sa cĂ©lĂšbre Moon Shoe illustre parfaitement cette nouvelle logique. Le produit devient le point de dĂ©part d’un univers, d’une esthĂ©tique, d’un rĂ©cit et d’une expĂ©rience qui dĂ©passent largement l’acte d’achat. 

La collaboration entre les deux marques ne repose pas uniquement sur le produit : elle crĂ©e de la dĂ©sirabilitĂ©, gĂ©nĂšre du contenu et s’inscrit dans une culture visuelle que les consommateurs ont envie de partager. 

Credit photo Nike – Moone Shoe Nike x Jacquemus 

De plus, chez Jacquemus, certaines collaborations deviennent d’ailleurs de vĂ©ritables dĂ©cors de cinĂ©ma. 

Le point commun ? 

Le produit n’est plus le seul contenu. Le magasin lui-mĂȘme devient le contenu. 

Le retail doit dĂ©sormais ĂȘtre suffisamment intĂ©ressant pour donner envie d’ĂȘtre racontĂ©. 

Être intĂ©ressant avant d’ĂȘtre intĂ©ressĂ©. 

Une génération qui filtre le bruit 

La Gen Z grandit dans un environnement saturé de contenus, de notifications, de publicités et de recommandations. 

Elle a donc développé une compétence devenue essentielle pour les marques : filtrer. 

Elle ne veut plus recevoir davantage de messages. Elle veut recevoir les bons messages. 

Et surtout, elle ne veut plus ĂȘtre uniquement spectatrice. 

« BombardĂ©e d’informations, la Gen Z filtre le bruit. Ce qu’elle veut : participer, co-crĂ©er, personnaliser. » 

C’est une rupture majeure avec le marketing traditionnel. 

  • La marque qui parle. 
  • Le consommateur qui Ă©coute. 
  • La campagne qui descend. 
  • Le consommateur qui achĂšte. 

En bref, cette gĂ©nĂ©ration a dĂ©veloppĂ© une forte capacitĂ© Ă  filtrer les messages et Ă  exiger de la pertinence et de l’émotion.

Ce modÚle « one way » laisse progressivement la place à une relation conversationnelle. 

La Gen Z veut pouvoir donner son avis, influencer une collection, participer à une expérience, créer du contenu et faire partie de la communauté. 

La Gen Z n’est pas une cible marketing : c’est une communautĂ© crĂ©ative qui co-Ă©crit l’histoire des marques. 

Acheter, c’est aussi chercher l’approbation.

Cette transformation change Ă©galement la maniĂšre dont les dĂ©cisions d’achat se prennent. 

Pendant longtemps, la publicité était la grande machine à créer de la désirabilité. 

Aujourd’hui, la preuve sociale joue un rîle croissant. 

Un avis. 
Une vidéo TikTok. 
Une recommandation d’influenceur. 
Une story d’un ami. 
Un produit vu plusieurs fois dans son feed. 

Avant mĂȘme de passer Ă  l’achat, le consommateur cherche souvent une forme de validation auprĂšs de sa communautĂ©. 

La validation sociale devient un moteur d’achat. 

Le produit doit ĂȘtre bon, certes. 

Mais il doit aussi ĂȘtre visible, dĂ©sirable et racontable. 

C’est là que le contenu court, le live shopping, les influenceurs et les plateformes sociales bouleversent le parcours d’achat. 

Le consommateur n’attend plus nĂ©cessairement d’entrer dans le magasin pour dĂ©couvrir le produit. 

Il peut le dĂ©couvrir dans son feed, en parler avec sa communautĂ©, regarder les avis, puis venir en magasin pour vivre l’expĂ©rience. 

Le parcours physique et le parcours digital ne sont plus deux parcours distincts. 

Ils sont devenus une seule et mĂȘme conversation. 

La fin de la fidélité à points ? 

Autre révolution : la fidélité. 

La carte de fidĂ©litĂ© traditionnelle repose sur une mĂ©canique simple : plus j’achĂšte, plus je cumule, plus je bĂ©nĂ©ficie. 

Mais la Gen Z attend autre chose. 

« La Gen Z ne cherche pas des points : elle cherche des preuves. » 

Des preuves que la marque la connaßt. 
Des preuves qu’elle l’écoute. 
Des preuves qu’elle lui accorde une attention particuliùre. 

Une avant-premiÚre. 
Une collaboration exclusive. 
Un accÚs privilégié. 
Une invitation. 
Une expĂ©rience Ă  laquelle tout le monde n’a pas accĂšs. 

La fidélité devient ainsi moins transactionnelle et davantage émotionnelle. 

Et surtout, elle devient partageable. 

L’exclusivitĂ© n’a plus seulement une valeur fonctionnelle. Elle devient un contenu potentiel. 

Je ne suis pas seulement membre d’un programme : je fais partie de quelque chose. 

Gen Z : fidÚles à la nouveauté 

Voilà un autre paradoxe. 

La Gen Z est souvent décrite comme une génération peu fidÚle aux marques. 

C’est vrai
 et faux à la fois. 

Elle est surtout fidĂšle Ă  ce qui continue Ă  l’intĂ©resser. 

Pop-up stores, collaborations, capsules, éditions limitées, nouveaux formats, partenariats avec des artistes, des villes ou des lieux culturels : le renouvellement devient une maniÚre de rester culturellement pertinent. 

Normal l’a bien compris : le renouvellement permanent de l’offre transforme le shopping en expĂ©rience de dĂ©couverte. 

Chez Jacquemus, le renouvellement des lieux et des expériences nourrit la désirabilité. 

Les collaborations créent du FOMO. 

Mais elles rĂ©pondent aussi Ă  une attente plus profonde : ne jamais donner l’impression que la marque est figĂ©e. 

Car : 

« La Gen Z ne se lasse pas de consommer
 mais elle se lasse vite des marques qui ne se renouvellent pas. » 

Mais attention : la nouveauté ne suffit pas 

On pourrait croire que cette génération est uniquement guidée par la nouveauté, le divertissement et les tendances. 

Ce serait une erreur. 

DerriĂšre le zapping apparent, certains critĂšres sont au contraire extrĂȘmement stables. 

Authenticité. 
Transparence. 
Inclusion. 
Durabilité. 
Éthique. 
Santé mentale. 

La Gen Z a un radar particuliÚrement sensible aux incohérences. 

Une marque peut créer le plus beau pop-up du monde. 

Mais si son discours ne correspond pas à ses actes, la communauté le verra. 

Et surtout, elle pourra le faire savoir instantanément. 

Pour la Gen Z, une marque n’est pas jugĂ©e seulement sur ce qu’elle vend, mais sur ce qu’elle incarne : authenticitĂ©, transparence, inclusion et durabilitĂ©. 

La seconde main et la circularitĂ© participent Ă©galement Ă  cette transformation : reprendre, rĂ©parer, revendre ou rĂ©utiliser deviennent progressivement des dimensions Ă  part entiĂšre de l’expĂ©rience de marque. 

La consommation devient expressive. 

Ce que j’achĂšte dit quelque chose de moi. Mais la marque Ă  laquelle je choisis de m’associer dit Ă©galement quelque chose de moi. 

Et demain ? La data sera le moteur. L’IA, le multiplicateur. 

Si le retail devient un média, une question se pose : 

Comment produire la bonne expérience, pour la bonne personne, au bon moment et au bon endroit ? 

La rĂ©ponse se trouve en grande partie dans la combinaison de la data et de l’IA. 

L’IA permettra de crĂ©er des contenus, de converser avec les consommateurs, de recommander des produits, d’adapter les parcours et de personnaliser les expĂ©riences. 

Mais la véritable matiÚre premiÚre sera la data. 

La data devient le moteur de comprĂ©hension, d’anticipation, de personnalisation et de fidĂ©lisation. 

Elle permettra de dĂ©tecter les tendances, de comprendre les comportements, d’identifier les attentes et de transformer chaque interaction en nouvel insight. 

Et cette personnalisation ne concernera pas uniquement les grandes campagnes nationales. 

Elle pourra également devenir locale. 

Une mĂȘme marque pourra porter une plateforme de communication nationale tout en adaptant son expression Ă  une ville, un quartier, une communautĂ© ou un magasin. 

Demain, un magasin pourra disposer de sa propre intelligence locale : comprendre ses clients, identifier les tendances de son environnement, adapter ses contenus et proposer des expériences pertinentes. 

L’IA permettra de produire Ă  grande Ă©chelle. La data permettra de savoir quoi produire, pour qui, quand et oĂč. 

Mais il faudra rester vigilant. 

La personnalisation ne doit jamais devenir intrusion. 

La Gen Z accepte de partager ses donnĂ©es lorsqu’elle comprend leur utilitĂ© et lorsqu’elle perçoit clairement la valeur qu’elle reçoit en retour. 

La data devra donc devenir une preuve d’attention, et non une preuve de surveillance. 

Car au fond, la technologie ne sera pertinente que si elle rend la relation plus humaine. 

Le nouveau KPI du retail ? 

Pendant des dĂ©cennies, nous avons mesurĂ© le retail en trafic, conversion, panier moyen, frĂ©quence d’achat ou chiffre d’affaires. 

Demain, il faudra peut-ĂȘtre ajouter une nouvelle question : 

« Est-ce que cette expĂ©rience mĂ©rite d’ĂȘtre racontĂ©e ? » 

Parce que si hier le retail parlait aux consommateurs, aujourd’hui ce sont les consommateurs qui parlent du retail. 

Et c’est leur contenu qui fait la diffĂ©rence. 

Chaque produit peut devenir un contenu. 
Chaque magasin, une scÚne. 
Chaque expérience, une story potentielle. 

Le retail n’est plus un parcours d’achat, c’est une scĂšne oĂč la Gen Z joue le premier rĂŽle. 

Les marques qui veulent sĂ©duire cette gĂ©nĂ©ration n’ont donc plus seulement Ă  vendre. 

Elles doivent crĂ©er des expĂ©riences suffisamment fortes pour ĂȘtre vĂ©cues, suffisamment authentiques pour ĂȘtre crues et suffisamment intĂ©ressantes pour ĂȘtre partagĂ©es. 

Car le vĂ©ritable enjeu du retail de demain ne sera peut-ĂȘtre plus seulement de transformer une visite en achat. 

Mais de transformer un achat en histoire, une histoire en contenu, et un contenu en communauté. 

Le magasin est devenu un média, une dynamique analysée comme la transformation du retail en plateforme media.

Et dĂ©sormais, le consommateur en est aussi l’un des auteu

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